Cinq pays touchés: La fièvre sera-t-elle la prochaine épidémie mondiale?

La Fédération internationale de la Croix-Rouge met en garde contre une épidémie nationale en Angola qui pourrait déboucher sur une crise de plus grande ampleur.

La Fédération internationale de la Croix-Rouge (FICR) a déployé en Angola des équipes régionales d’intervention face aux catastrophes afin de soutenir des opérations visant à stopper la propagation du virus de la fièvre jaune.

Selon la Fédération, le pays est actuellement confronté à la pire épidémie de fièvre jaune depuis 30 ans, avec 2 900 cas suspectés qui ont été signalés depuis décembre dans l’ensemble des 18 provinces et 325 décès recensés.

Une délégation du Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (European Centre for Disease Prevention and Control) vient tout juste de rentrer d’Angola et a déclaré qu’en dépit de la diminution du nombre de nouveaux cas signalés au cours des dernières semaines, l’épidémie court toujours et ne saurait être considérée sous contrôle pour le moment. Les membres de la délégation ont fait part de leurs préoccupations concernant le fait que de grandes agglomérations urbaines et des provinces comme le Cabinda représentent un risque élevé de propagation à l’échelle internationale.

Cinq pays ont signalé la présence de cas de fièvre jaune importés, avec la confirmation que ces cas proviennent de personnes s’étant rendues en Angola : 88 cas au Congo-Brazzaville, 44 en République démocratique du Congo, 2 au Kenya, 2 à Sao Tomé-et-Principe et 11 en Chine.

« L’approvisionnement en vaccins limité, l’insuffisance d’installations sanitaires, l’inadéquation des systèmes de surveillance de la maladie et les interactions transfrontalières quotidiennes pourraient transformer cette épidémie nationale en une crise de plus grande ampleur si des mesures ne sont pas prises à l’échelle locale », a averti le Dr Fatoumata Nafo-Traoré, directeur de la FICR pour la région Afrique.

Ce qu’il faut savoir:

  • La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques infectés. Le terme «jaune» fait référence à la jaunisse présentée par certains patients.
  • Les symptômes sont les suivants: fièvre, céphalées, ictère, myalgies, nausées, vomissements et fatigue.
  • Dans une petite proportion des cas, les patients contractant la maladie développent des symptômes sévères et environ la moitié d’entre eux meurent dans les 7 à 10 jours.
  • Le virus est endémique dans les régions tropicales d’Afrique, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.
  • Depuis le lancement de l’Initiative Fièvre jaune en 2006, des progrès importants ont été accomplis dans la lutte contre la maladie en Afrique de l’Ouest et plus de 105 millions de personnes ont été vaccinées dans le cadre de campagnes de masse. On n’a signalé aucune flambée de fièvre jaune en Afrique de l’Ouest en 2015.
  • De grandes épidémies de fièvre jaune surviennent lorsque des sujets infectés introduisent le virus dans des zones très peuplées avec une forte densité de moustiques et où la plupart des gens sont peu ou pas immunisés à cause des insuffisances de la vaccination. Dans ces conditions, les moustiques infectés transmettent le virus d’une personne à l’autre.
  • La prévention de la fièvre jaune est possible grâce à un vaccin extrêmement efficace, sûr et peu coûteux. Une seule dose de celui-ci confère une immunité durable et protège à vie contre la maladie, sans qu’il y ait besoin d’une dose de rappel. Le vaccin confère une immunité efficace dans les 30 jours pour 99% des sujets vaccinés.
  • Un bon traitement symptomatique en milieu hospitalier améliore les taux de survie. Il n’existe pour l’instant aucun médicament antiviral spécifique contre la fièvre jaune.

 

Africaine-santé

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