Grossesse et sexualité : Aucun risque pour le fœtus ?

Sujet tabou, la grossesse et la sexualité, ont pourtant fait l’objet de beaucoup d’enquêtes dans de nombreux pays.

Une grossesse débutante c’est beaucoup de changements pour le couple. D’abord c’est le nouveau statut de futurs parents, ensuite c’est un changement hormonal chez la femme, c’est un changement du corps de la femme, donc c’est le changement de l’image de la femme telle qu’elle est vécue par le conjoint, c’est aussi la présence de ce fœtus, qui est bien là, qui fait du couple une famille et c’est encore beaucoup d’émotion au sein du couple et même de l’entourage. Alors avec tout ce chamboulement  comment le couple va-t-il vivre sa nouvelle sexualité ?

Dans le passé, on pensait que les rapports sexuels pendant la grossesse devaient être plus fréquents parce qu’on pensait que le fœtus se nourrissait de sperme. Par la suite la médecine moderne a estimé que les rapports sexuels pendant la grossesse pouvaient entraînaient des complications. Dans la littérature médicale, plus de 60 études ont abordé ce sujet pendant ces cinquante dernières années. Ces dernières se sont intéressées  à l’humeur érotique de la femme enceinte et aux éventuelles complications des rapports sexuels sur le fœtus.

Le rôle des hormones

On découvre, lors de ces nombreuses enquêtes, qu’il y a une baisse de la libido au cours du premier trimestre. On explique un peu ce cela par le nouveau contexte dans lequel vit la femme, encore sous le choc de l’annonce de la grossesse, qui peut présenter des signes sympathiques, souvent une fatigue, une somnolence et quelques nausées qui ne favorisent pas les désirs sexuels.

Du point de vue changement hormonal, on penserait que la progestérone, l’ hormone de la grossesse jouerait un rôle dans cette transformation un peu spéciale qui va faire de la jeune femme une future maman.

La période heureuse et radieuse

Au cours du deuxième trimestre on a remarqué que la côte de la libido était en rapport avec la présence ou non des signes sympathiques, qui dans la majorité des cas disparaître au 4e mois de grossesse, donc une majorité de femmes vivent pleinement leur sexualité à ce moment. Mais si ces signes persistent, l’intérêt sexuel peut être perturbé, pour les mêmes raisons que celles énoncées pour le premier trimestre, et ajoutons à cela le changement du corps de la femme, la prise de poids et surtout l’image qu’elle donne de « femme-maman » qui peuvent inhiber le désir sexuel du conjoint cette fois ci. Par contre les taux hormonaux circulant dans le sang lors de cette période de la grossesse font que le désir sexuel est plus intense. C’est la période « heureuse et radieuse » de la grossesse.

Le bonheur jusqu’au 8emois

Le troisième trimestre est assez spécial, car la crainte de nuire à l’enfant, de provoquer un accouchement prématuré, sont très fortes. Pourtant la période heureuse dont on vient d’en parler peut durer jusqu’au 8e mois de grossesse. Mais  le corps de la femme ayant énormément changé, les rapports sexuels peuvent être très inconfortable pour le couple. L’opinion publique pense qu’un orgasme peut être à l’origine de contraction et donc d’un déclenchement d’un accouchement prématuré, les spécialistes disent que ce n’est qu’une impression, la réalité est que les rapports sexuels peuvent se poursuivre jusqu’à l’accouchement, sans conséquences pour l’accouchement à terme.

Les rapports sexuels sont ils dangereux pour le fœtus ?

Les résultats de nombreuses enquêtes ont démontré que la fréquence des rapports sexuels, n’a aucune conséquence sur la durée de la grossesse, soit sur le risque d’accouchement prématuré.

Si ce risque existe, c’est qu’il faut aller chercher les causes ailleurs, et consulter un spécialiste.

Le même conseil est à suivre en cas de signe d’infection, de brûlure, d’écoulement vaginal.. Tout ceci peut se voir même s’il n’y a aucune activité sexuelle.

L’avis des psychologues

Poursuivre une relation sexuelle pendant la grossesse, prépare le terrain à un bon équilibre dans la future famille, où le futur papa trouvera sa place et ne se sentira pas exclu par rapport à la relation très étroite mère-enfant,  et où la relation conjugale sera sauvegardée.

Même si le désir sexuel varie pendant la grossesse dans un sens ou dans un autre, la crainte de nuire au fœtus ne doit en aucun cas exister, car elle n’a pas sa raison d’être.

En conclusion

En conclusion on peut dire que pendant la grossesse il est tout a fait normal que le désir ou le plaisir changent selon la nature de la femme et la période de la grossesse. Par contre il est inutile de passer par une période d’abstinence par crainte de risque pour l’enfant ou pour l’accouchement, car il n’existe pas de danger réel.

Docteur Samira Rekik

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