Education sexuelle : Comment devient-on fille comment devient-on garçon ?

On ne naît pas femme on le devient, disait Simone de Beauvoir. Mais quand on est un tout petit bébé, quand et comment devient –on fille ou garçon ?

L’identité de genre

A dix huit mois, est mise en place ce qu’on appelle l’identité de genre  c’est-à-dire être fille ou être garçon. Cette identité naît du biologique certes, mais aussi et surtout du social,  du culturel de l’éducationnel, de l’environnemental. La notion d’identité est basée sur un apprentissage de la culture du genre. C’est un garçon il va apprendre à être un garçon comme tous les autres garçons qui vivent autour de lui. Il va s’approprier les valeurs « garçon ». Il va intérioriser toutes ces valeurs garçons et il va être fier d’être un garçon comme les autres. De même pour les filles, elles vont s’approprier les valeurs « fille » et tout un processus va se mettre en place pour qu’elles assimilent ces valeurs. Le concept de l’identité d’une façon générale est toujours lié à l’éducation,  au culturel, à l’environnement.

Pourquoi l’environnement joue-t-il un rôle important ?

En fait toutes les recherches chez les bébés ont montré que les bébés filles étaient plus attirés par les visages humains alors que les bébés garçons sont attirés par les objets. On pourrait donc en conclure que les filles ont plus tendance à s’investir dans l’affectif, alors que les garçons sont attirés par tout ce qui est réalisation de tâches. C’est vrai qu’il y a une tendance, mais ce sont les parents qui vont renforcer ce schéma, ce stéréotype, d’autant plus qu’on sait que 95% des synapses, ces jonctions entre les différentes cellules nerveuse du cerveau qui vont transmettre toutes les informations à ce dernier, ne fonctionne qu’après la naissance.

Toutes les filles ne jouent pas à la poupée et tous les garçons ne jouent pas au pistolet.

Chez les jeunes enfants, il y a des tendances à l’identification. Identification à la maman de la part de la petite fille, identification au papa par le petit garçon. Ici c’est la question de la maternité qui fait la différence. La petite fille sait que quand elle sera grande elle va s’occuper de ses enfants les allaiter etc. et c’est ce rôle qu’elle imite en jouant à la poupée. Mais la fille peut aussi vouloir s’identifier à son grand frère, par exemple, et vouloir faire comme lui donc elle va imiter son frère. De même le garçon peut vouloir s’identifier à sa maman, faire la cuisine comme elle ou « s’occuper des enfants ». Tous les petits enfants passent par une période de « crise d’imitation ». Ils imiteront la personne qui lui plaira le plus. Mais les parents, par l’intermédiaire de l’éducation vont intervenir, et peut être empêcher l’enfant d’imiter la personne choisie par lui. Si on laissait faire, toutes les petites filles ne vont pas jouer qu’à la poupée, tous les petits garçons ne vont pas jouer qu’au pistolet.

La naissance de l’identité de genre

L’identité de genre se développe sur plusieurs étapes. A deux ans, les enfants reconnaissent le genre. C’est la première étape, celle de la reconnaissance. Vers quatre ou cinq ans, c’est la deuxième étape, celle de la stabilité sexuelle : « je suis un toujours un garçon, je suis toujours une fille » se dit l’enfant. Mais cette stabilité reste basée sur l’apparence physique, en particulier sur les vêtements et les cheveux. La troisième étape est celle de la constance du genre : on est un garçon pour la vie, on est fille pour la vie. Cette étape se passe vers l’âge de six ans.

Féminin, masculin

Peut-on faire une échelle des valeurs de traits, qu’est ce qui est classé féminin, qu’est qui est masculin ?

Qu’est ce qui différencie un petit garçon d’une petite fille, en dehors de la biologie ? La fille est douce, la fille est calme, la fille est sensible, la fille est maternelle.. Le petit garçon est turbulent, le petit garçon n’a peur de rien, le petit garçon est plus distrait et a plus de mal à se concentrer que la petite fille. Mais quand une petite fille se lève et se met à courir, les parents lui demande de s’asseoir et de se tenir tranquille, alors qu’un petit garçon on lui demande d’aller jouer dehors. C’est l’éducation qui va renforcer ou inhiber certains comportements classiquement attribués à la petite fille ou au petit garçon. Certains spécialistes de l’éducation on dit que  l’éducation est une action qui s’exergue par les générations adultes sur les générations futures. L’identité est une résultante de l’éducation. Sans aller jusqu’à vouloir faire de notre société, une société unisexe, garçon et fille peuvent ressentir et exprimer les mêmes  sentiments, peuvent se comporter physiquement de la même  façon. Freud disait que dans chaque être il y a du féminin et du masculin, pas dans les mêmes proportions bien entendu. Selon les circonstances dans lesquelles la personne vit, l’un ou l’autre genre va s’exprimer. Par exemple un homme qui doit s’occuper d’un petit enfant va faire appel à son côté féminin. Une femme, en période de guerre, par exemple, va faire appel à son côté masculin. Il est vrai que certaines recherches ont démontré qu’il est plus facile à la fille d’exprimer son côté masculin. Peut être que c’est encore une fois l’environnemental qui y est pour quelque chose en ne laissant pas la féminité du garçon s’exprimer.

Différents mais égaux

L’enfant sait donc que fille et garçon sont deux genres différents mais ne se pose pas la question de savoir qui est meilleur que l’autre. C’est la société qui se chargeait de le faire. Maintenant, si on veut, on peut asseoir et développer les bases de l’équité de genre et expliquer à nos enfants que nous sommes différents, fille ou garçon, mais nous sommes égaux.  S’il y a une prévention à faire pour garantir plus tard l’équité de genre c’est cette notion de différents mais égaux qu’il faut faire assimiler à nos enfants.

Conclusion

Comment devient-on fille, comment devient-on garçon, il est certain que la biologie a déterminé le sexe. Mais tout le reste, les comportements, les sentiments, les réactions, le développement, sont –ils le résultat de tout un environnement culturel qui a décidé que tel vêtement serait féminin et tel autre masculin ?

Dr Samira Rekik

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