Infections urinaires de l’enfant : la nitrofurantoïne est-elle la nouvelle recommandation ?

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Chez l’enfant, la stratégie de prise en charge habituelle des infections urinaires  est le traitement antibiotique empirique en attendant les résultats de l’examen cytobactériologique des urines. Le germe en cause est dans 80 % des cas l’Escherichia coli.  L’augmentation des résistances aux antibiotiques est toutefois devenue  un sujet de préoccupation pour les praticiens.

Un article du JIM, daté du 27 Mars, écrit par le Dr Roseline Péluchon,  révèle qu’afin d’évaluer la prévalence de la résistance aux antibiotiques dans les infections urinaires de l’enfant, une équipe du Royaume-Uni a réalisé une revue systématique des essais évaluant la résistance d’E.coli aux antibiotiques les plus souvent prescrits dans les infections urinaires de l’enfant. Les auteurs ont examiné séparément les études réalisées dans plusieurs pays du monde.

De 53 à 79 % de résistances d’E coli à l’ampicilline

Les 58 études analysées, incluant près de 80 mille infections urinaires à E. Coli, montrent l’existence d’un taux élevé de résistance à la plupart de antibiotiques courants, à la fois dans les pays riches  et dans les autres. Partout dans le monde, la résistance à l’ampicilline est la plus élevée, de 53,4 % en moyenne dans les pays riches  et de 79,8 % en dehors. La résistance à la nitrofurantoïne est la plus faible, de 1,3 % à l’intérieur des pays riches  et de 17 % en dehors.

Modifier les traitements de première ligne

Ce haut niveau de résistance aux antibiotiques courants est pour le moins inquiétant. Si l’on s’en réfère à ces résultats, l’ampicilline, le co-trimoxazole et la triméthoprime ne devraient plus être prescrits dans ce cas nulle part, et de nombreuses recommandations, comme celles du NICE (National Institute for Health and Care Excellence) devraient être revues. Les auteurs recommandent toutefois la prudence, car cela pourrait inciter les praticiens à prescrire d’emblée des traitements de seconde ligne, comme l’association amoxicilline/acide clavulanique, les céphalosporines ou les quinolones, enclenchant un cercle vicieux avec possible aggravation des résistances.

Les particularités propres à certaines régions du monde laissent penser également que les recommandations doivent tenir compte des situations locales. La nitrofurantoïne semble à cet égard être le traitement le plus approprié dans de nombreuses régions du globe. Rappelons toutefois que dans beaucoup de pays, la nitrofurantoïne n’est indiquée que chez l’enfant de plus de 6 ans.

Africaine-santé

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