Comment gérer un enfant hyperactif avec Trouble déficit de l’attention ?

Le TDAH (trouble déficit de l’attention/hyperactivité) se manifeste chez l’enfant par un  déficit de l’attention,une  impulsivité, une hyperactivité associés à des degrés divers ;  entraînant une altération cliniquement significative du fonctionnement social, scolaire et de la qualité de vie. Il s’agit d’un trouble chronique, qui peut persister à l’âge adulte.

Le retard diagnostique peut conduire à une aggravation des conséquences psychologiques, scolaires et sociales. Les  signes d’appel évocateurs d’un TDAH sont des Plaintes ou des difficultés exprimées par l’enfant ou émanant de sa famille ou de l’entourage (scolaire, extra-scolaire, etc.). Ces dernières sont  apparues avant l’âge de 12 ans, ayant des répercussions négatives au niveau familial, social et scolaire, observées dans différents environnements (familiale, scolaire, extra-scolaire) et persistant au cours du temps (plus de 6 mois). Ces plaintes sont à  apprécier en tenant compte de l’âge, du stade développemental, du niveau scolaire et du contexte de vie de l’enfant.

 

Exemples de plaintes ou difficultés évocatrices d’un TDAH  rapportées par l’enfant:

Peu ou pas d’amis,  En conflit avec les parents, Faible estime de soi

 

Rapportées par sa famille:

Facilement distrait, n’écoute pas, Difficultés à s’organiser, oublis fréquents, Agité, ne reste pas assis, conduites dangereuses , Coupe la parole, impatient

 

Rapportées par le milieu scolaire:

Rêveur, dans la lune, Fluctuation des capacités de concentration, Difficultés à se concentrer, à mémoriser, à être autonome

 

Rôle du médecin de premier recours:

Orienter vers un médecin spécialiste, en cas de suspicion de diagnostic de TDAH.  Informer la famille que cette hypothèse diagnostique doit être évaluée et confirmée par un spécialiste du TDAH. C’est ce spécialiste qui proposera la prise en charge la plus adaptée à l’enfant.

Le médecin de premier recours doit accompagner l’enfant et sa famille par des conseils et stratégies pour les aider à gérer les difficultés au quotidien. il doit  expliquer les spécificités du TDAH afin d’aider l’enfant et sa famille à relativiser leur part de responsabilité, les informer de l’existence d’associations de patients. Il doit aider pour mettre en place des  mesures d’accompagnement scolaire en cas de difficultés scolaires : établir  un lien entre l’enseignant, les personnels de santé de l’Éducation nationale, la famille et les soignants.  Initier des aménagements pédagogiques adaptés aux difficultés de l’enfant.

Le médecin doit  également : Organiser le suivi en coordination avec le spécialiste et les autres intervenants.  Assurer un suivi régulier de l’enfant et de sa famille.  Suivre l’évolution des symptômes en fonction des prises en charge et les adapter si besoin.  Surveiller l’évolution des symptômes au niveau médical, psychosocial, scolaire et psychologique.  Adapter la fréquence du suivi en fonction de la sévérité des symptômes et des maladies associées, s’il en existe. Informer sur les prises en charge possibles.

 

Quelle prise en charge?

La prise en charge du TDAH repose sur une démarche collaborative entre le médecin de premier recours et le médecin spécialiste du trouble.  Le médecin de premier recours a pour mission d’engager une démarche diagnostique, d’initier une prise en charge et d’orienter si nécessaire l’enfant vers un spécialiste du trouble (ayant acquis une compétence dans le diagnostic et la prise en charge du TDAH [pédopsychiatre, psychiatre, pédiatre, neuropédiatre, neurologue]).

 

La  prise en charge peut être multimodale comprenant des éléments de la prise en charge non médicamenteuse associés si besoin à une prise en charge médicamenteuse.

 

La  Prise en charge non médicamenteuse, comprenant des mesures psychologiques, éducatives et sociales (approches cognitivo-comportementales, psychodynamiques, systémiques et psycho-éducatives, guidance parentale, aménagements scolaires, etc.).

 

La Prise en charge médicamenteuse : methylphénidate (lorsqu’une prise en charge psychologique, éducative et sociale seule s’avère insuffisante).

 

L’intérêt de cette approche multimodale a été démontré dans plusieurs études. Cette approche est efficace pour traiter l’ensemble des symptômes et agir sur les différents domaines de la vie du patient.

 

Surveillance du traitement

 

Les paramètres à surveiller en cas de traitement médicamenteux :

– Observance et tolérance du traitement.

– Courbe staturo-pondérale.

– Effets indésirables : diminution de l’appétit, ralentissement du développement staturopondéral, retentissement cardio-vasculaire, troubles du sommeil, symptômes psychiatriques, troubles du comportement, etc.

 

Les prescriptions de médicaments  sont réservés aux spécialistes et/ou services hospitaliers spécialisés (pédopsychiatre, neurologue, neuropédiatre, psychiatre, pédiatre, médecin des centres du sommeil).

 

Africaine-santé

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