Ménopause : Ce qu’on ne vous a jamais dit

Huit femmes sur dix présentent des symptômes au moment de la ménopause : bouffées de chaleur, crises de sueur nocturne, sécheresse vaginale, sont  les plus fréquents mais encore troubles du sommeil, céphalée et aussi  risque d’ostéoporose. La ménopause n’est pas une maladie, il s’agit d’un phénomène physiologique, naturel et obligatoire pour toutes les femmes.  Vous savez beaucoup de choses sur la ménopause et vous en serez plus avec ces dernières découvertes !

Ménopause: Les bouffées de chaleur, réduites à une question de mental?

L’attitude individuelle de chaque femme, face à la ménopause, va jouer un rôle important dans la façon dont les symptômes pourront les affecter. En particulier, certaines femmes ménopausées vont éprouver des bouffées de chaleur après une activité physique, d’autres pas, ce sont les facteurs psychologiques qui font la différence. La capacité de contrôle et le sentiment de pouvoir faire face joue beaucoup dans le ressenti même de ces symptômes. On est tenté de conclure que  la thérapie cognitivo-comportementale pourrait être d’un grand secours pour ces femmes.

Ménopause: Vous avez la mémoire qui flanche, c’est normal!

Les petites difficultés de mémoire décrites par un grand nombre de femmes à l’approche de la ménopause sont bien réelles. Il y a de véritables changements d’ordre cognitif dans cette phase de la vie d’une femme. Si une femme à l’approche de la ménopause a des problèmes de mémoire, elle ne doit pas les attribuer à un horaire trop chargé mais être consciente que de nouvelles données scientifiques peuvent l’expliquer et que son « état » est tout à fait « habituel ». Alors  quelques conseils : répéter plusieurs fois une information que l’on craint d’oublier ou faire l’effort de s’assurer à plusieurs reprises qu’une information importante est toujours dans votre cerveau

Fumer mènera à la ménopause précoce

Les femmes qui fument « passeront » par la ménopause au moins un an plus tôt que les non-fumeuses, selon cette méta-analyse qui estime comment le tabagisme affecte l’âge auquel une femme va naturellement être ménopausée. La ménopause naturelle survient lorsque les ovaires diminuent naturellement leur production d’hormones sexuelles, alors que  la ménopause  induite, se produit si les ovaires sont perturbés par des traitements  ou par le tabac. La ménopause précoce c’est celle qui survient  avant 51 ans.

Ménopause : Le déficit en androgènes responsable des troubles du désir

Outre la sécheresse vaginale responsable pour partie de troubles sexuels à la ménopause, la libido peut être altérée. Si, à la ménopause, les patientes se plaignent spontanément des bouffées de chaleur et des sueurs nocturnes, les troubles sexuels sont moins facilement abordés. La baisse de désir est la conséquence de facteurs hormonaux, mais aussi de facteurs psychologiques liés à une difficulté relationnelle avec le partenaire, une baisse de I’estime de soi, des troubles dépressifs… Et, dans bien des cas, le traitement hormonal de la ménopause,  ne suffit pas à compenser la baisse de libido. Si le traitement ostrogénique permet de retrouver une certaine satisfaction sexuelle en limitant la sécheresse vaginale et les douleurs au moment des rapports sexuels, ce sont les androgènes, et notamment la testostérone libre, qui jouent un rôle pivot sur le plan du désir. De faibles doses de testostérone en administration transcutanée permettent donc d’augmenter le désir et le nombre de rapports satisfaisants.  Cependant, les causes psychologiques sont au moins aussi importantes que les causes biologiques. Le recours à un sexothérapeute peut alors s’avérer nécessaire.

Conserver  sa  ligne à la ménopause

A partir de la préménopause, les femmes prennent en moyenne 500 g par an pendant quatre à cinq ans. 20% des femmes prennent plutôt 1,5 kg par an alors que certaines gardent un poids stable.

De façon plus générale, l’âge s’accompagne d’un ralentissement du métabolisme de base, ce qui entraîne une chute de la masse maigre au profit de la masse graisseuse. Sur le plan hormonal, la carence ostrogénique ouvre l’appétit et modifie la répartition des graisses. Les graisses quittent la région fémoro-fessière pour gagner l’abdomen. Or la graisse abdominale augmente le risque cardiovasculaire.  Observer une bonne hygiène de vie est donc recommandé. Il faut beaucoup de légumes pour satisfaire l’appétit; du poisson et de la  viande pour maintenir la masse maigre; des aliments riches en oméga 3, tels que les poissons gras (sardines, saumon, espadon) ou les huiles de colza ou de noix; des desserts sucrés peu gras tels que du miel ou de la confiture dans un yaourt, une salade de fruits, pour faire face aux envies de sucré qui s’amplifient fréquemment. Pour le moral, s’octroyer une pâtisserie deux fois par semaine (éclair ou tarte aux fruits, de préférence); une collation dans l’après-midi pour ne pas avoir faim;  des féculents pour assouvir la faim et éviter le grignotage

Quels bilans et examens sont à effectuer la ménopause?

Outre l’examen clinique gynécologique et la mammographie, il est utile de prendre la tension artérielle. De plus, comme la ménopause favorise l’apparition de l’insulino-résistance, par développement de la graisse abdominale, cette période est propice à un bilan glucido-lipidique. Si la femme est fatiguée, frileuse, il faut penser au dosage de la TSH, hormone thyroïdienne. L’hypothyroïdie est en effet fréquente et se démasque souvent à la ménopause

Dr Samira Rekik

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