Tout ce que vous devez savoir avant de passer une coronarographie

Les maladies cardiovasculaires touchent presque autant les femmes que les hommes en Tunisie. Dues en grande partie à la malbouffe et à l’obésité elles sont dépassés de loin et depuis assez longtemps les maladies infectieuses en terme de mortalité. Nous avons la chance d’avoir en Tunisie de très nombreux centres de cardiologies et de très bons médecins. Il est évident que tous nous conseillent la prévention des facteurs de risques de cette maladie, qui si elles ne sont pas prises en charges précocement sont de très mauvais pronostic. Les médecins ont à leur disposition un arsenal  de moyens de diagnostic très large, parmi eux, la coronarographie. Focus sur cet examen capital.

Les modalités de l’examen

La coronarographie est demandée quand le médecin suspecte la présence d’un obstacle au niveau des gros vaisseaux du cœur qu’on appelle les artères coronaires, et qui se manifeste cliniquement par l’angine de poitrine.

La coronarographie va visualiser tout l’intérieur de ces artères à l’aide d’un produit  visible sous rayons X, dit produit de contraste, et va évaluer la gravité causée par l’obstruction.

Le patient est hospitalisé la veille de l’examen, afin qu’il puisse être préparé correctement pour cette investigation. En général il subit un examen de routine, et un électrocardiogramme. Des recommandations lui sont faites quant à la prise de son traitement antérieur.

L’examen aura lieu en salle de « cathé », de coronarographie, dans la plus rigoureuse des hygiènes.

Le malade doit être à jeun, il subira cet examen sans anesthésie générale, une simple anesthésie locale par la xylocaine suffit, l’examen n’étant pas douloureux. Le médecin fait une anesthésie locale au pli de l’aine, pour pouvoir introduire sans douleur une sonde spéciale.  Puis il ponctionne l’artère du pli de l’aine, et y introduit un court tuyau muni d’un mandrin qu’il fixe. Il  passe ensuite la sonde et la pousse en remontant l’aorte jusqu’au cœur. Le patient ne ressent rien du tout. Cette sonde permet de mesurer la pression sanguine dans le coeur et l’aorte. Le médecin injecte ensuite un produit de contraste dans les artères coronaires gauche et droite, pour visualiser ces artères sur le film radiologique. Il demandera  au patient d’inspirer, de garder l’air ou encore de tousser.

A la fin de l’examen  des artères coronaires, le médecin passera la sonde de l’aorte dans le ventricule gauche, pour analyser les mouvements du muscle cardiaque. Cette opération peut nécessiter une nouvelle injection du produit de contraste, ce qui peut provoquer une sensation de chaleur dans tout le corps.

Pendant ce temps une caméra filme le produit qui progresse vers le cœur.

Tout l’examen dure environ 30 à 60 minutes.

Après l’examen, une surveillance d’environ deux heures est préconisée, et on installera donc le malade dans une salle spécialisée à cet effet.

Le retour au domicile peut se faire le soir même de l’examen.

L’enregistrement de tout ce qui a été visualisé  pendant la coronarographie est transmis au cardiologue qui a demandé l’examen et une copie est remise directement au patient.

Les résultats

Un résultat négatif, c’est-à-dire sans troubles n’est que momentanément rassurant, et ne prédira pas l’avenir. Par contre, un résultat positif,  c’est-à-dire qu’on a diagnostiqué une maladie coronarienne, cela témoigne d’un danger imminent et exige une prise de décision urgente.

 La maladie coronaire se caractérise par le rétrécissement d’une ou plusieurs artères du cœur appelées coronaires. Cette affection est à l’origine de l’angine de poitrine et de l’infarctus du myocarde, que l’on nomme communément la crise cardiaque. Ces artères se bouchent sous l’action de dépôts graisseux de cholestérol, ce qui ralentit le débit sanguin, donc le cœur et n’est  plus correctement oxygéné et  souffre.

Plusieurs traitements  sont proposés pour soigner une maladie coronaire, cela dépend de la gravité et de l’étendue de la maladie. Seul le cardiologue décidera du meilleur traitement, médical, dilatation des artères obstruées ou traitement  chirurgical.

Les traitements proposés

Le premier traitement proposé est l’hygiène de vie. La pratique de l’exercice physique au quotidien, le respect d’un régime alimentaire pauvre en graisses, l’arrêt du tabac sont des alliés du futur traitement. Les traitements qui seront prescrits viseront  à soulager les douleurs thoraciques, à contrôler l’hypertension artérielle, à réguler un rythme cardiaque ou à  prévenir les risques de crise cardiaque. Mais il n’existe actuellement aucun médicament capable de désobstruer une artère. Pour cela il existe d’autres interventions médicales, telles que l’angioplastie, l’implantation d’un Stent et le pontage.

L’angioplastie est une procédure au cours de laquelle le médecin insère un cathéter dans l’artère et restaure le flux sanguin à l’aide d’un ballonnet gonflable qui sert à déloger l’obstacle, qui est  une plaque d’athérome.

L’implantation d’un Stent est une autre procédure, généralement simultanée à une angioplastie au ballonnet, au cours de laquelle un Stent est placé dans la partie rétrécie de l’artère. Un Stent est un petit ressort métallique expansible qui sert d’armature à l’intérieur de l’artère et qui permet de maintenir l’artère ouverte après l’angioplastie au ballonnet.

Le pontage coronarien est une procédure chirurgicale courante au cours de laquelle des vaisseaux sains sont prélevé au niveau des jambes, pour remplacer les vaisseaux très rétrécis du fait  de la présence des plaques d’athéromes. Le pontage coronarien est une intervention chirurgicale très lourde et très délicate.

Dr Samira Rekik

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