Covid-19: des médecins africains donnent leurs avis sur la chloroquine

Le gouvernement français a publié un décret ce 26 mars 2020 donnant raison aux demandes du Professeur Didier Raoult, patron de l’IHU Méditerranée Infection de Marseille (France), qui réclamait ces décisions depuis un mois. En vertu de ce décret, la vente et la prescription d’hydroxychloroquine est désormais possible partout, y compris la vente au public sur prescription médiale. Le revirement à 180 degré du gouvernement français intervient alors que l’usage thérapeutique de la chloroquine dans le traitement du nouveau coronavirus divise les médecins.

En Afrique, le débat se pose avec acuité avec l’expansion du virus. Récemment, le Professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Fann à Dakar (Sénégal), affirmait que la solution prônée par son homologue français a donné des résultats «encourageants» sur les patients sénégalais. Pour sa part, Docteur Souleymane Dia, spécialiste en pneumologie à l’hôpital d’Auxerre (France), émet des réserves : «la proposition du Professeur Raoult sur la chloroquine est en phase test». Selon lui, le médecin marseillais a effectué une étude préliminaire sur 24 patients dont 18 sont guéris, soit un pourcentage de 75 %. Poursuivant son raisonnement, le pneumologue sénégalais a expliqué que les médecins ont testé la combinaison acitrétine-chloroquine au niveau de leurs hôpitaux mais les résultats ne sont pas concluants. Si les études sont en phase préliminaire, vous ne pouvez pas en tirer des conclusions. Il ne faut pas faire une petite cohorte ensuite généraliser partout dans le monde », s’est-il désolé. « La Chine, souligne-t-il, a déjà réalisé des tests et a également fait un autre test antirétroviral, obtenant de bons résultats. Les scientifiques ont essayé plus de 30 médicaments, 4 ou 6 ont donné des résultats satisfaisants ». Actuellement, poursuit-il, beaucoup de pays sont entrain d’en tester. A la fin, il n’y aura une méta -analyse pour donner les conclusions à l’échelle mondiale . La chloroquine est en phase 3 tandis que d’autres sont au niveau 1, 2 , 4 et 5. Après avoir effectué les tests, les médecins vont faire des métas analyses, c’est-à-dire un assemblage de toutes chloroquines de France, de Suisse, d’Allemagne… pour faire une recommandation internationale. Si on fait une cohorte de 20.000 à 25.000 patients, poursuit-il, c’est en ce moment qu’on va prendre une décision.

En attendant, «on ne peut pas prendre une décision sur 24 personnes. On n’a pas le droit de publier des études en phase préliminaire », avertit M. Dia. Parce que, argue le médecin, cela peut pousser des personnes à prendre le médicament à titre préventif. Ce qui peut engendrer des effets secondaires. Le Comité scientifique français a souligné que les médecins doivent procéder au cas par cas. Le Haut Conseil de santé publique et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) appellent à la prudence. Et des institutions ont indiqué que ce traitement, vanté notamment par le docteur Didier Raoult, n’a fait l’objet d’aucune étude scientifique aboutie prouvant son efficacité.

Source:https://www.financialafrik.com/

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