La menace de l’excision sur la vie des femmes

Sans vouloir être alarmiste, nous avons toutes les raisons de nous inquiéter face à ce recul certain, même s’il reste timide, de la société dans laquelle nous vivons en ce moment. Comme toujours la première cible des obscurantistes est la femme. Certains voudraient la réduire à un complément de l’homme, alors qu’elle en est l’égale. Ils voudraient la toucher dans ce qu’elle a de plus précieux son intégralité physique. Ainsi l’idée de l’excision mijote dans leurs têtes (non pensantes) alors que cette pratique n’a jamais, jamais existée en Tunisie.

 

Les mutilations sexuelles détruisent la vie des femmes, elles n’ont aucune raison médicale, par contre elles sont source de nombreux problèmes de santé irréversibles.

L’excision, est une action intentionnelle qui va s’en prendre aux organes génitaux femelles. Selon les pays, les traditions et les coutumes, les pratiques des mutilations sexuelles sont diverses. L’OMS les classes en 4 catégories :

« La clitoridectomie: ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (repli de peau qui entoure le clitoris).

Excision: ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres (qui entourent le vagin).

Infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal par la création d’une fermeture, réalisée en coupant et en repositionnant les lèvres intérieures, et parfois extérieures, avec ou sans ablation du clitoris.

Autres: toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux. »

Ces mutilations sont pratiquées chez la petite fille, très tôt et jusqu’à l’âge de 15 ans. Les « exciceuses » sont souvent des matrones, qui sont des accoucheuses traditionnelles, mais ce qui inquiète le monde médical, c’st que de plus en plus de professionnels de santé sont sollicités et acceptent d’être les auteurs de telles barbaries.

 

Les conséquences sur la santé :

Comme nous aimons le rappeler, les mutilations génitales n’ont rien de médical et elles ne sont donc pratiquées dans des conditions où le minimum d’hygiène requis fait défaut. C’est donc la porte à toutes les infections génitales, urinaires, obstétricales, générales (tétanos) etc. il faut préciser que souvent ces mutilations sont réalisées avec une lama de rasoir qui va directement amputer, arracher à vif, ces parties intimes d’une petite fille qui hurle de douleur et dont la famille est insensible à ses cris. Résultat : ces petites filles vont rencontrer d’énormes problèmes dans leur vie de femme, en premier lieu la stérilité, les dyspareunies (douleur lors des rapports sexuels) aucun plaisir ni épanouissement avec leur partenaire et beaucoup plus graves, ces petites filles sont menacées par les risque d’hémorragies lors de l’excision. Quand il ya hémorragie, le décès n’est pas loin.

Selon la classification citée plus haut, il arrive que lors de ces mutilations sexuelles, l’orifice vaginal soit fermé ou rétréci volontairement ou suite à une infection. A l’âge adulte, la petite fille ainsi excisée, ne pourra pas avoir de relation sexuelle ni accoucher qu’après intervention chirurgicale

L’excision est une affaire de droits humains qui garanti l’intégralité physique de tout individu. C’est aussi un des droits fondamentaux de l’enfant, puisque cette pratique touche les mineures. La société civile, la communauté médicale, les associations de protection des enfants, doivent se mobiliser et barrer la route à ceux qui rêvent de nous importer ces pratiques barbares venues d’ailleurs.

 Dr Samira Rekik

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