Les hépatites tuent plus que le SIDA et le paludisme

Selon les résultats de nombreuses études internationales,  les hépatites sont actuellement la 7e cause de mortalité dans le monde, après les infections respiratoires basses (4e) mais devant le sida (9e), la tuberculose (11e), les diarrhées infectieuses (12e) et le paludisme (15e). Au cours de ces 23 ans, les hépatites ont grimpé de 3 places dans ce « palmarès » lugubre, tandis que les diarrhées infectieuses en perdaient 8, la tuberculose 5 et le paludisme 4, grâce aux progrès de la prévention et de la prise en charge de ces affections transmissibles. En valeur absolue, les nombres maximum de décès et DALYs (années de vie perdues ajustées par le handicap) attribuables aux hépatites ont été recensés en Asie de l’Est et du Sud tandis que les taux de mortalité les plus élevés étaient observés en Océanie, en Afrique sub-saharienne et en Asie centrale probablement parce qu’il s’agit des régions très pauvres où la prise en charge des malades est la plus défaillante.

Ces résultats ne doivent pas conduire à un pessimisme excessif.  Lorsque ces données sont rapportées aux évolutions démographiques constatées sur ces 23 ans (en termes de nombre d’habitants et de structure de la population) et que l’on s’intéresse à l’évolution de ces différents indicateurs en valeur relative (schématiquement par rapport à une population en forte croissance) et non plus absolue, il semble que l’impact négatif des hépatites virales ait décru de 20 % pour ce qui est du nombre d’années de vie perdues, de 13 % en termes d’années de vie perdues avec handicap, tandis que les taux de mortalité baissait de 4 %. On peut espérer que ces prochaines années ces taux de mortalité se réduiront encore notamment grâce à la diffusion des nouvelles thérapeutiques anti-virales actives per os.

Les  hépatites sont, avec le sida, les seules maladies transmissibles dont l’impact s’est accru en valeur relative sur la période étudiée. Et qu’en dehors du cas des patients co-infectés par le VIH, les millions de malades concernés dans le monde ne bénéficient pas de programmes de prise en charge équivalents à ceux qui sont consacrés au paludisme, à la tuberculose ou au sida.

Cette constatation implique une prise de conscience rapide des autorités sanitaires internationales et des fonds publics ou privés qui soutiennent financièrement la lutte contre les principales maladies dans les pays les moins développés.

Africaine-santé

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