Adolescents : pourquoi faut-il rattraper les vaccins manquants ?

Les adolescents sont généralement en bonne santé. Ils consultent peu et sont peu réceptifs aux messages de prévention. Pourtant, ils risquent d’être à la fois victimes et vecteurs de flambées épidémiques à venir. Certaines maladies dites « infantiles », comme la rougeole ou la varicelle, peuvent être sévères à très sévères chez les adolescents. Ils peuvent être vecteurs de maladies potentiellement graves pour leur entourage, comme la coqueluche en cas de contact avec de jeunes nourrissons.

Enfin, les changements de comportement liés à l’adolescence (sexualité, vie en groupe, piercing, tatouage, usage de drogues) génèrent des risques nouveaux. Du fait d’une exposition accrue à certains modes de contamination (sanguine, sexuelle), les adolescents sont plus à risque vis à vis de certaines infections comme l’hépatite B, l’infection par les papillomavirus humains (HPV) ou encore les infections invasives à méningocoque.

Les 3 objectifs de la vaccination des adolescents sont :

  • Premièrement : de renforcer l’immunité déclinante, les rappels permettant de maintenir la protection acquise par la vaccination dans l’enfance ;
  • Deuxièmement : d’intensifier la lutte contre les maladies par le rattrapage permettant d’accroître l’immunité collective et d’interrompre la transmission des agents infectieux ;
  • Troisièmement : d’éviter un risque spécifique lié à l’âge et au mode de vie en vaccinant avant l’exposition au risque.

Calendrier vaccinal

 

Ainsi, en l’absence de rappel, la coqueluche est devenue une maladie fréquente chez, l’adolescent et le jeune adulte avec souvent une symptomatologie fruste et un diagnostic tardif. La vaccination contre la coqueluche confère une immunité limitée dans le temps. Du fait de la forte contagiosité de cette maladie, les adolescents infectés peuvent contaminer les jeunes nourrissons trop jeunes pour avoir été vaccinés et à risque de forme grave. Ils doivent donc recevoir un rappel, le vaccin recommandé à cet âge étant un vaccin tétravalent dTPca faiblement dosé en anatoxine diphtérique.

 

Rattrapage

Toute consultation devrait être l’occasion de vérifier le statut vaccinal de l’adolescent afin d’effectuer le rattrapage des vaccinations non antérieurement réalisées.

 

-jusqu’à l’âge de 15 ans pour la vaccination hépatite B, cette vaccination étant recommandée pour les populations à risque à partir de 16 ans ;

-jusqu’à l’âge de 24 ans pour la vaccination méningococcique C.

-L’hépatite B constitue un problème de santé publique. L’hépatite B chronique évoluant parfois vers la cirrhose ou le cancer du foie. Un schéma vaccinal en 2 doses espacées de 6 mois est possible entre 11 et 15 ans, à la condition d’utiliser un vaccin hépatite B dosé à 20 microgramme.

– méningocoque C entre 15 et 24 ans.

-La rougeole est l’une des maladies infectieuses les plus contagieuses, un sujet rougeoleux en contaminant 15 à 20. Il faut donc une couverture vaccinale élevée pour empêcher la circulation du virus. Ce n’est pas une maladie bénigne. Des épidémies surgissent fréquemment,  dues à l’insuffisance de couverture vaccinale. Tout adolescent doit avoir reçu 2 doses de vaccin ROR.

-La varicelle

10% des sujets âgés de 15 ans et plus sont non immuns pour la varicelle et 79% d’entre eux contracteront cette maladie dont le risque de complications double après 15 ans. Les adolescents peuvent être victimes de formes sévères de varicelle. Il est donc recommandé de vacciner les adolescents de 12 à 18 ans sans antécédent clinique de varicelle avec ou sans contrôle sérologique préalable. Le schéma vaccinal comprend 2 doses espacées de plus d’1 mois. La vaccination contre la varicelle est contre-indiquée pendant la grossesse. Toute grossesse doit être évitée dans le mois suivant la vaccination. Il convient de conseiller aux femmes ayant l’intention de débuter une grossesse de différer leur projet.

Conclusion

Afin d’améliorer la protection des adolescents, il faut profiter de tous les motifs de consultation (acné, contraception, infection bénigne, certificat d’aptitude au sport) pour vérifier leur statut vaccinal, les informer des recommandations vaccinales et rattraper les vaccins manquants.

Pour rappel, voici le calendrier vaccinal obligatoire en Tunisie

calendrier

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