Mécanismes d’action de la Metformine : au niveau du foie et aussi de l’intestin

D’un point de vue pharmaco-cinétique, la metformine est absorbée à hauteur de 50% seulement et est concentrée dans le foie à un taux 5 fois supérieur de celui de la veine porte. Son effet sur la glycémie est classiquement attribué à un mécanisme hépatique complexe aboutissant à une diminution de la production hépatique de glucose.

Celle-ci est secondaire à une activation de l’AMPK, à une inhibition de la production d’AMPc induite par le glucagon, à une augmentation du rapport AMP/ATP par restriction de la NADH-coenzyme Q réductase dans la chaine de transport des électrons mitochondriale et à la diminution de la conversion des lactates et du glycérol en glucose par inhibition de la glycérophosphate déshydrogénase mitochondriale…

Pour autant les 50% de metformine non absorbés ne sont pas inactifs ! Ils sont accumulés dans la muqueuse intestinale avec un gradient de 30 à 300 par rapport aux taux circulants mais les effets intestinaux, non systémiques, de la metformine restent discutés.

 

Des données expérimentales sont en faveur d’un écrêtement de l’absorption du glucose, d’une augmentation de la production des lactates par les entérocytes, d’une stimulation de la synthèse du GLP-1, d’une interaction avec le métabolisme des acides biliaires et d’une modification du microbiote susceptible d’avoir des répercussions systémiques.

L’action hypoglycémiante de la metformine d’origine intestinale primerait même sur son action hépatique, du moins à en croire des travaux récents fondés sur la comparaison des effets d’une forme de metformine-retard (MR) par rapport à ceux de la metformine à libération prolongée (MLP) et de la metformine à effet immédiat (MI).

 

Des essais randomisés de phase 1 et de phase 2 démontrent clairement qu’en dépit d’une biodisponibilité réduite de moitié, la MR a un effet hypoglycémiant comparable à celui de la MLP et de la MI.

En pratique cela revient à dire qu’un effet hypoglycémiant comparable à celui de la MR et de la MI peut être obtenu moyennant une concentration plasmatique nettement moindre, ce qui est particulièrement intéressant chez les patients diabétiques ayant une insuffisance rénale.

 

Le développement de la forme retard réduit ainsi l’une des contre-indications majeures de la metformine tout en mettant en lumière un mode d’action intestinal complémentaire aux effets hépatiques, selon un mécanisme qu’il reste à préciser.

Africaine-santé. D’après un article de http://www.diabeto.net/ du 23 Mars 2016

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