Pèlerinage 2015 : la menace du Coronavirus

A quelques jours du début de la saison du grand pèlerinage, la tension monte au Ministère de la santé de l’Arabie Saoudite.  Il semblerait que l’épidémie de Coronavirus enfle en ce moment.  Les trois derniers décès de personnes atteintes du coronavirus Mers ont obligé les autorités sanitaires à  fermer le  service d’urgence d’un hôpital de Ryad. Idem pour le service d’urgence de l’hôpital roi Abdel Aziz, toujours à Ryad, où  46 cas d’infections ont été recensés dont quelques uns au sein du  personnel soignant.

Selon le ministère saoudien de la santé, 58 nouveaux cas ont été recensés depuis le début du mois d’aout, dont 10 en un même jour. Il s’agit de la progression quotidienne la plus importante depuis le mois de Mai 2014 qui a connu un pic à 210 cas. Faut-il craindre pour  la santé de nos pèlerins appelés à partir dès le mois de septembre ?

Le ministre saoudien  de la Santé, Khaled al-Faleh, se veut rassurant évoquant un « nombre limité d’infections ». Il a appelé en même temps à la vigilance et affirmé que des mesures seraient prises pour éviter des infections parmi les pèlerins.

De son côté l’OMS, qui n’a pas pris de mesures  spécifiques pour les voyageurs vers l’Arabie Saoudite, a  toutefois  publié sur son site les  recommandations  nécessaires aux pèlerins afin d’éviter les infections par coronavirus. Ses recommandations seront les mêmes que tous les pays donneront à leurs pèlerins y compris la Tunisie.

Les recommandations pour tous les pèlerins

L’OMS insiste dans ses recommandations d’avertir les voyageurs présentant des pathologies préexistantes chroniques  (par exemple le diabète, une maladie pulmonaire chronique, une maladie rénale chronique, une immunodéficience, etc.). Elles  ont un risque plus grand de développer une forme grave de l’infection à coronavirus, s’ils sont exposés à ce virus. Il faut conseiller aux pèlerins de consulter un professionnel de santé avant de voyager pour examiner avec lui le risque encouru et évaluer s’il est judicieux pour eux de faire le pèlerinage.

Les précautions générales de santé à prendre pendant le voyage qui réduiront le risque infectieux en général, restent d’actualité : l’hygiène des mains et l’hygiène respiratoire (se couvrir la bouche et le nez pour tousser ou pour éternuer, se laver les mains après tout contact avec les sécrétions respiratoires et maintenir une distance d’au moins un mètre avec toute autre personne présentant des symptômes d’une maladie respiratoire aiguë avec fièvre),  la sécurité sanitaire des aliments, éviter de manger de la viande pas assez cuite ou des aliments préparés dans de mauvaises conditions sanitaires, et laver correctement les fruits et les légumes avant de les consommer.

 

Mesures à prendre pendant le pèlerinage

Tout pèlerin qui présente, une maladie respiratoire aiguë sérieuse, accompagnée de fièvre et de toux (suffisamment sévère pour interférer avec les activités quotidiennes ordinaires) se doit de se signaler auprès du personnel médical accompagnant le groupe ou auprès des services de santé locaux. Il devrait se couvrir la bouche et le nez pour tousser ou éternuer, de se laver les mains ensuite ou, si ce n’est pas possible, de tousser ou d’éternuer dans le haut des manches de ses vêtements,  d’éviter d’aller dans des endroits où il y a beaucoup de monde et, de préférence, de s’isoler jusqu’à la disparition des symptômes respiratoires, s’il lui  est impossible de s’isoler, il lui faut utiliser un tissu pour se couvrir le nez et la bouche ou un masque chirurgical quand ils se trouvent dans des endroits où il y a beaucoup de monde.

L’OMS recommande aux pèlerins  de ne pas avoir de contact rapproché avec des chameaux, d’éviter d’aller dans des fermes et de consommer du lait de chamelle non pasteurisé, de l’urine de chameau ou de la viande qui n’est pas assez cuite, cette pratique étant courante pour certains pèlerins.

Le personnel médical accompagnant les pèlerins  devrait avoir des informations et orientations à jour sur l’infection au coronavirus, garantissant qu’il est vigilant pour surveiller l’apparition des signes précoces d’une infection respiratoire et d’une pneumonie. Il doit connaitre les personnes considérées comme appartement à un groupe à risque élevé, il doit pouvoir identifier un cas suspect. Il doit connaitre les mesures sanitaires simples pour réduire la transmission.

 

Mesures à prendre après le pèlerinage

Lors du voyage,  le Règlement sanitaire international,  oblige les pays à veiller à ce que des mesures de routine soient prises aux points d’entrée pour évaluer les voyageurs malades détectés à bord des moyens de transport (avions et bateaux) ou à leur arrivée. Des procédures et des moyens doivent être mis  en place pour communiquer les informations sur les voyageurs malades entre les moyens de transport et les points d’entrée, ainsi qu’entre les points d’entrée et les autorités sanitaires nationales.  Le transport des voyageurs symptomatiques vers les hôpitaux ou établissements désignés pour une évaluation clinique et le traitement seront assurés.

Si un voyageur malade se trouve à bord d’un avion, on doit utiliser la fiche de localisation des passagers. Celle-ci est utile pour recueillir les informations sur les contacts pour les passagers et peut être utilisée pour le suivi si nécessaire. Il faut également encourager les voyageurs à se signaler s’ils ne se sentent pas bien.

Dans les deux semaines qui suivent le retour des pèlerins, ces derniers devraient se montrer très vigilants en cas d’apparition de signes d’une maladie respiratoire aiguë sérieuse accompagnée de fièvre et de toux (suffisamment sévère pour interférer avec les activités quotidiennes ordinaires). Ils se doivent  de consulter, en informant le personnel soignant de leur voyage récent pour le pèlerinage,  d’avertir immédiatement les autorités sanitaires locales, de prendre les précautions nécessaires pour tousser ou éternuer, de réduire le plus possible les contacts avec autrui pour éviter d’infecter d’autres personnes.

 

Le Coronavirus : du chameau à l’homme

Le coronavirus qui sévit au Moyen Orient est encore appelé  MERS-CoV, coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, ou Middle East Respiratory Syndrome Coronavirus (MERS-CoV).   Il s’agit  d’un virus qui se transmet entre animaux, qui a pénétré dans la population humaine de la péninsule arabique à de multiples reprises par contact direct ou indirect avec des dromadaires infectés ou des produits dérivés des chameaux (par exemple du lait cru de chamelle). Selon les rapports de l’OMS, plusieurs études ont montré que les anticorps dirigés spécifiquement contre ce virus sont répandus dans les populations de dromadaires du Moyen-Orient et d’Afrique. Autrement dit que ces populations sont normalement immunisées. Ce virus  circule chez les chameaux depuis des décennies. On ignore cependant la raison pour laquelle des cas humains n’ont été détectés pour la première fois qu’en 2012.

Samira Rekik

 

 

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