Perturbateurs endocriniens : un concept récent et un danger prouvé sur la santé

Les perturbateurs endocriniens, on en parle de plus en plus, ils seraient à l’origine de plusieurs maladies  et pourtant le concept est assez récent. Retour sur la découverte de ce concept.

Tout à commencé en 1966, lorsque des écologistes commencent à observer des phénomènes inattendus tels que la diminution de la reproduction des visons domestiqués près des Grands Lacs ; la mort de poussins de goélands argentés dans leurs œufs ; la mort d’alligators au lac Apopka en Floride et la présence de nombreux troubles génitaux chez les mâles ; la présence d’anomalies sévères de la reproduction chez des poissons en Angleterre. L’Institut National des Sciences de la Santé Environnementale  américain s’empare du sujet et tient en 1979, la première réunion sur les Estrogènes dans l’Environnement (Estrogens in the Environment meeting).

En 1980, des chercheurs montrent  comment les produits chimiques s’accumulent et se dégradent dans les organismes vivants.

En  1985, une seconde réunion de L’Institut National des Sciences de la Santé Environnementale  américain met en évidence l’effet des estrogènes environnementaux, (il s’agit d’œstrogènes chimiques qu’on trouve dans le plastique, les boites de conserve etc.),  sur le développement précoce des seins de jeunes filles à Porto Rico. Au cours de cette réunion, l’impact de l’exposition aux estrogènes sur la réduction de la qualité du sperme et les cancers des testicules notamment est discuté.

En juillet 1991, à la conférence de Wingspread dans le Wisconsin, de nombreux scientifiques d’horizons divers se rassemblent. C’est là qu’émerge pour la première fois le terme de  «perturbateurs endocriniens », accompagné du commentaire suivant : «un grand nombre de produits chimiques fabriqués par l’homme déversés dans l’environnement ainsi que certains produits naturels, ont le potentiel de perturber le système endocrinien animal, y compris celui des êtres humains ».

Entre 1990 et les années 2000, toute une série d’études prouvent  que les PE pourraient présenter des toxicités variables selon les doses. Parallèlement, la liste des PE s’allonge rapidement .

En 1992, les experts  montrent  une association entre la diminution de la qualité du sperme et l’exposition environnementale aux estrogènes chez des hommes scandinaves sur une période de 50 ans.

En 1994 les chercheurs établissent  des liens entre les expositions aux estrogènes environnementaux  et certaines maladies chez l’Homme.

 

En 2002, une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé décrit l’état de la science en matière de perturbateurs endocriniens mettant en évidence les mécanismes d’action et les effets sur la santé des animaux et des humains.

Entre 2002 et 2017, l’Union Européenne a alloué des fonds substantiels à la recherche sur l’impact des perturbateurs endocriniens sur la faune aquatique, les oiseaux, les mammifères et les hommes. Un rapport de l’Agence Européenne pour l’environnement a été publié en 2012 résumant les progrès réalisés dans le domaine entre 1996 et 2011.

Il est aujourd’hui évident que des substances présentes dans notre environnement contribuent à certaines maladies en interférant avec le système endocrinien humain et pourraient d’avoir une puissante action de modification des différents gènes

Pour certains produits chimiques, comme le distilbène (DES), le dichlorodiphényldichloroéthane (DDT), les biphényles polychlorés (BPC) ou la dioxine, les effets documentés sur la santé ont justifié la mise en place d’une réglementation pour limiter l’exposition humaine. Cependant, beaucoup de PE potentiels, utilisés dans les produits de consommation courante sont encore en cours d’étude.

De nombreux PE ont été produits et relargués dans l’environnement par « accident », et d’autres de façon intentionnelle alors que l’on connaissait leurs propriétés néfastes. C’est le cas des contraceptifs à base de 17-éthinylestratiol (EE2) et de certains pesticides comme le DTT. Les EE2 présentent bien évidemment des avantages en termes de santé publique pour leur utilisation contraceptive, mais constituent également une menace écologique car ils sont en partie relargués par les urines des femmes pour se retrouver dans les stations de traitement des eaux usées et dans les plans d’eau où ils entraînent la féminisation des poissons mâles.

 

Africaine-santé, d’après Univadis.fr

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