Une bouche sèche est-elle le signe d’une maladie ?

Très désagréable  cette bouche pâteuse, sèche, avec mauvaise haleine et sensation de mauvais goût. Pourtant c’est le quotidien de beaucoup de séniors.  Il ne s’agit pas d’un petit bobo mais d’une véritable maladie, «  la  xérostomie »,  qui peut empoisonner l’existence des personnages jusqu’à leur faire perdre l’appétit et  le goût de la vie.

 

Le vieillissement ne suffit pas à expliquer cette sècheresse, et il est indispensable d’en rechercher les causes, souvent multiples et intriquées, les seniors étant plus exposés à diverses maladies générales, nécessitant souvent la prise de nombreux médicaments simultanément, à la déshydratation, aux déficits nutritionnels et immunitaires, à un  état bucco-dentaire souvent mauvais, l’édentation et les prothèses dentaires sont fréquentes et  habituelles. Les conséquences de ce syndrome  peuvent s’avérer  graves, conduisant à la dénutrition et à un  mauvais état général.

 

Une source de complications à dépister

La xérostomie,  sécheresse buccale,  est fréquente, il faut  la rechercher par un interrogatoire adapté, car il est rare que les séniors osent s’en plaindre à leurs médecins.   Elle peut se révéler par des difficultés à parler, mastiquer ou à déglutir, des douleurs à l’intérieur de la bouche, une mauvaise haleine, des troubles du goût ou une intolérance aux prothèses dentaires. Les muqueuses buccales sont rouges, sèches, vernissées, la salive rare.

C’est le manque de salive, qui donne une sensation d’avoir la bouche sèche. La salive joue un rôle d’humidificateur , nettoyant  et protecteur au niveau de la bouche et des dents. Moins de bactéries, moins de mycoses, moins de cellules mortes et autres déchets sur la langue les gencives, les dents etc..La salive joue également un rôle prépondérant dans la digestion, la mastication ou encore la déglutition. Les troubles alimentaires peuvent rapidement conduire à une anorexie, une malnutrition ou une dénutrition et des troubles dépressifs.

Plusieurs causes

Mauvaise hygiène buccale, toutes les maladies systémiques peuvent être responsables de xérostomie : troubles neuropsychiatriques, déshydratation, déficits immunitaires, pathologies hématologiques, diabète ou autres maladies endocriniennes. Localement, une perturbation de la mastication, des traumatismes, une mauvaise hygiène buccale peuvent aussi provoquer une xérostomie.

Les médicaments  incriminées sont extrêmement nombreuses, médicaments du système nerveux central, mais aussi antihypertenseurs, anti- migraineux, antisécrétoires gastro-intestinaux, etc.

Petits  moyens pour éviter les complications

Tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour éviter les complications, locales ou générales chez ces sujets fragiles. A côté des « petits moyens » classiques, on dispose maintenant de solutions plus satisfaisantes.

Pour limiter les complications de la xérostomie, il est nécessaire de maintenir une hygiène bucco-dentaire rigoureuse : brossage régulier des dents avec un dentifrice fluoré, qui peut se révéler douloureux au début, bains de bouche bicarbonatés (une cuillerée à soupe par verre d’eau tiède) en évitant les bains de bouche bactéricides qui déséquilibrent la flore. Les prothèses, véritables nids à mycoses, surtout lorsqu’elles sont anciennes, doivent être désinfectées et la consultation au moins deux fois par an, chez le dentiste est vivement conseillée.

 

Pour éviter les caries, il faudrait limiter le sucre dans l’alimentation, ce qui est difficile à obtenir chez une personne âgée : les aliments sucrés sont généralement les moins chers et les moins difficiles à mâcher, et l’appétence pour les saveurs sucrées diminue moins avec l’âge que pour les saveurs acides et salées. Le maintien d’une bonne hydratation est aussi indispensable pour le bon état des muqueuses buccales. Des moyens simples permettent de stimuler les glandes salivaires : chewing-gum sans sucre, eau pétillante citronnée, bonbons acidulés ou mentholés, etc.

 

Rien ne vaut les pulvérisations locales  chez les patients âgés

Certains médicaments donnés par voie générale, stimulent  efficacement la sécrétion salivaire, mais ont d’énormes effet secondaires. Les substituts salivaires, disponibles sur le marché du médicament,  diminuent efficacement la sensation de bouche sèche, mais les pulvérisations doivent être répétées fréquemment. D’autres produits assurent une protection mécanique plus durable de la muqueuse buccale et diminuent l’inflammation.

 

Conclusion

Pour savoir si vos proches âgés ont une sècheresse buccale posez leur ces quelques questions : Avez-vous la bouche sèche lorsque vous mangez ou que vous parlez ? Prenez-vous des gorgées de liquide pour avaler des aliments secs ? Ressentez-vous des difficultés à avaler certains mets ? Avez-vous la sensation d’avoir la bouche sèche quotidiennement depuis plus de trois mois ?

Docteur Samira Rekik

PARTAGER