Cigarette électronique €: On fait le point

La cigarette électronique inquiète toujours, car elle pourrait s’avérer dangereuse pour la santé, représenter un moyen d’initiation des jeunes à la nicotine, et rendre impossible l’application de fumer du tabac dans les lieux clos et couverts. Sa place comme moyen d’arrêt du tabac est en cours d’évaluation.

Le tabac est la première cause évitable de décès dans le monde et l’industrie du tabac développe des trésors d’ingéniosité pour maintenir, voire renforcer, l’addiction des fumeurs et rendre dépendants enfants et adolescents. Les mesures efficaces contre le tabac font l’objet d’un tel consensus scientifique qu’elles sont réunies dans un traité international (la Convention cadre de lutte anti-tabac ou CCLAT) : interdiction de la publicité, augmentation dissuasive et répétée des taxes, protection des non-fumeurs, éducation et aide à l’arrêt de la consommation.

 

La cigarette électronique ou e-cigarette

Inventée en Chine par Hon Lik en 2006, la cigarette électronique de deuxième ou troisième génération est disponible sur un marché qui se développe de manière spectaculaire. Le principe de la cigarette électronique est de provoquer par un chauffage doux (environ 60 °C) un aérosol plus ou moins concentré en nicotine. Contrairement à la cigarette traditionnelle, pour laquelle la température du foyer peut atteindre 500 à 700 °C, il ne s’agit pas d’une combustion. Le principal composant de l’aérosol est le propylène glycol ou le glycérol, auxquels peuvent s’ajouter de la nicotine, de l’eau, de l’éthanol et des arômes. La plupart des inhalateurs électroniques de nicotine prennent la forme des produits classiques du tabac (cigarettes, cigares, cigarillos, pipes ou pipes à eau). Les différences de voltage de la batterie et des résistances des circuits entraînent une variabilité de la quantité d’aérosol et peuvent ainsi influer sur la disponibilité de la nicotine et des autres constituants. Avec une cigarette classique, la nicotine parvient au cerveau en 7 secondes et sa concentration plasmatique dépasse 26 mg/ml en moins de 10 minutes. L’e-cigarette conduit à un passage moins rapide de la nicotine vers le cerveau. Avec les e-cigarettes de deuxième et troisième générations, la délivrance de la nicotine se rapproche désormais de celle obtenue avec une cigarette traditionnelle, mais les bouffées restent plus étalées au cours de la journée.

Toxicité comparée de la cigarette électronique

Les études de toxicité à court terme sur des cultures de fibroblastes, montrent que les liquides des e-cigarettes sont beaucoup moins toxiques que la fumée du tabac. De plus, l’aérosol (communément appelé « vapeur ») émis par l’e-cigarette à la température d’environ 60 °C ne contient pas les substances toxiques liées à la combustion comme le monoxyde de carbone ou les goudrons. Quant aux principaux composants des e-liquides : le propylène glycol, également utilisé comme additif alimentaire, n’a aucune toxicité à court terme à la température de 60 °C, la dégradation du glycérol en produits toxiques n’est significative qu’au-delà de 250 °C. Les concentrations de carcinogènes (formaldéhyde, acétaldéhyde, acroléine, toluène, nitrosamines) sont de 9 à 450 fois moins élevées qu’avec la cigarette traditionnelle.

Finalement la toxicité de l’e-cigarette est bien moindre que celle du tabac fumé, car elle est amputée de celle des substances cancérigènes, de celle de l’oxyde de carbone et de la présence des aldéhydes volatils qui accroissent les effets recherchés de la nicotine. C’est donc un outil utile à la réduction de la mortalité, mais aussi de la morbidité tabagique.

L’intérêt de l’e-cigarette réside, en outre, dans le possible recours à des recharges de concentrations décroissantes de nicotine, pour aller progressivement vers l’abstinence complète et définitive. Même s’il est difficile de quantifier précisément la toxicité à long terme de la cigarette électronique, celle-ci est à l’évidence infiniment moindre que celle de la cigarette traditionnelle.

L’accord semble général pour dire que ce produit est moins dangereux que la cigarette traditionnelle.

 

E-cigarette et contrôle du tabac

La cigarette électronique, entourée d’un puissant battage médiatique, est devenue un objet à la mode qui pourrait tenter les mineurs. En France, l’étude faite depuis de nombreuses années à Paris est plutôt rassurante : le tabagisme des collégiens et lycéens continue de baisser. De plus, même en ajoutant les différentes sources de nicotine (tabac plus cigarette électronique), leur utilisation par les collégiens parisiens est en baisse, de 20,2 % en 2011 à 16,2 % en 2014. L’e-cigarette n’apparaît donc pas comme un mode d’initiation au tabagisme des jeunes mais elle ne peut être destinée aux enfants et adolescents et, comme pour le tabac, sa vente doit être interdite aux mineurs.

 

L’usage en public de l’e-cigarette est difficile à distinguer de celui des cigarettes classiques : il peut inciter à ne plus respecter les interdictions de fumer. Il y a un large consensus des acteurs de santé publique pour demander l’interdiction de l’usage de l’e-cigarette dans tous les lieux où il est interdit de fumer. Il est donc évident qu’il faut interdire toute publicité et toute promotion de ce produit, sauf dans son utilisation comme méthode d’arrêt si celle-ci est reconnue.

Africaine-santé

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