Jeunes footballeurs : comment prévenir une mort subite ?

Un athlète s’écroulant brutalement au cours ou en dehors d’une compétition a un impact médiatique majeur.  Cet événement ô combien dramatique survenant chez un sujet jeune, en bonne santé, ayant un niveau d’entraînement excellent, surveillé au cordeau, conduit inévitablement à une des interrogations suivantes : comment a-t-il pu passer entre les mailles du filet du dépistage d’une affection vitale sous-jacente ? C’est ce qu’une équipe de chercheurs britanniques a voulu savoir en suivant plus de 10 000 jeunes footballeurs de l’English Football Association (FA) sur 20 ans. Les résultats ont été publiés dans le N Engl J Med

 

Une équipe de chercheurs a  mené une étude visant à cerner l’incidence et les causes de la mort subite chez des adolescents promis à un bel avenir de footballeurs au Royaume-Uni. Avec l’aide de l’English Football Association (FA), les auteurs ont évalué et suivi 11 168 jeunes footballeurs pendant 20 ans, entre 1996 et 2016.

Les jeunes ont eu une expertise cardiologique performante associant un examen clinique, un ECG un échocardiogramme dont les résultats ont été appréciés par des cardiologues experts. Suivant le registre de la FA ils ont pu identifier les décès subits, et avoir accès aux résultats des autopsies réalisées dans tous les cas de décès cardiaques.

23 décès survenus au cours de l’étude dont 8 d’origine cardiaque

Sur un total de 23 décès, 8 décès de cause cardiaque (7 avaient une cardiomyopathie affirmée par l’autopsie), survenus en moyenne 7 ans après l’examen initial, ont été recensés.

Il y a 6 adolescents décédés (75%) chez lesquels il n’y avait pas de suspicion d’affection cardiaque léthale malgré les moyens mis en œuvre. La normalité du bilan a été confirmée a posteriori par deux experts des maladies héréditaires.

L’incidence des décès subits d’origine cardiaque chez ces adolescents footballeurs est de  6,8 pour 100 000 athlètes. Il en résulte que 75% des adolescents victimes d’un décès subit de cause cardiaque ne sont pas détectés par ce dépistage pourtant de haut niveau clinique et technique. Pour le principal investigateur, cette étude révèle qu’« il existe clairement un défaut de sensibilité des ECG et des échos cardiaques en tout cas dans cette période de la vie.

jeunes footballeurs : comment  prévenir une …..mort subite ?

Dans son analyse de l’étude publiée sur l’édition internationale de Medscape, le Dr John Mandrola  (Clinical Electrophysiologist, Baptist Medical Associates, Louisville, Kentucky) interrogeait : « cette [faible] incidence justifie-t-elle un dépistage de grande envergure qui écarterait des enfants faussement déclarés à risque, leur barrant une carrière sportive, sans oublier l’angoisse générée par la supposée maladie chez l’adolescent et sa famille ».

Pourquoi ne pas prendre le problème différemment et travailler en aval en formant, par exemple, aux manœuvres de réanimation ? « Si l’un des meilleurs centres au monde en médecine sportive est incapable de détecter la pathologie chez environ 75% de ceux qui sont décédés, devons-nous continuer à forcer parents et enfants à un dépistage obligatoire ? continuait le Dr Mandrola dans son article.

Conclusion

Former aux manœuvres de réanimation et faciliter l’accès aux défibrillateurs automatiques à un plus grand nombre de participants me semblent constituer une meilleure réponse ».

 

Africaine-santé

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