Journée mondiale sans tabac: lutter contre le commerce illicite du tabac

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Le tabagisme  constitue un véritable problème de santé publique, c’est l’un des principaux  facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires, respiratoires et des cancers. En Tunisie il provoque le décès de 10 000tunisiens annuellement, l’équivalent de 40 personnes chaque jour. 50% des hommes et 10% des femmes sont fumeurs. Chez le personnel de la santé 1/3 des médecins, 2/5 des infirmiers et 2/ des ouvriers sont fumeurs. Chez les  enfants de 13 à 15 ans, 28,7% des garçons et 7,2% des filles sont fumeurs.

Chaque année, le 31 mai, l’OMS et ses partenaires célèbrent la Journée mondiale sans tabac, dans le but de souligner les risques pour la santé liés à la consommation de tabac et de plaider en faveur de politiques efficaces pour réduire cette consommation. À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac 2015, l’OMS, dans un communiqué de presse, invite les pays à collaborer pour mettre fin au commerce illicite des produits du tabac. À plusieurs égards, le commerce illicite de produits du tabac est un vaste sujet de préoccupation mondiale, notamment du point de vue sanitaire, juridique et économique, de la gouvernance et de la corruption.

 

40% des cigarettes vendues en Tunisie proviennent du marché parallèle

Dans le monde, une cigarette sur 10 provint du marché parallèle, en Tunisie c’est plus de 4 sur dix.

Selon une déclaration faite à l’agence TAP, Mohamed Salah Chebbi, directeur général de la Régie nationale du tabac et des allumettes (RNTA), a déclaré que  l’Etat perd des recettes de l’ordre de 500 millions de dinars par an en raison du marché parallèle du tabac et de ses produits dérivés. Il a également précisé que les ventes du marché parallèle sont montées en flèche, notamment au cours de la période post-révolution, pour atteindre 43% du marché contre 10% auparavant. Le tabac représente 6% du budget de l’Etat

Toujours selon l’agence TAP, le DG de la RNTA a estimé que la lutte contre ce phénomène nécessitait l’intensification des efforts de contrôle, notamment dans les régions frontalières et au niveau des ports pour réduire les opérations de contrebande, qui constituent une grave menace pour l’économie nationale.

Sur le plan humain, l’impact est grave. La contrebande de marques originales ou de contrefaçons offre des cigarettes meilleur marché.  Selon les experts de l’OMS, ces cigarettes peu onéreuses attirent les jeunes et d’autres nouveaux clients ; elles dopent les ventes et la consommation et rendent l’arrêt du tabac plus difficile pour les fumeurs. En conséquence, le commerce illicite participe régulièrement de l’augmentation des coûts des soins de santé, des pertes de productivité chez les travailleurs, et du fardeau de plus en plus lourd des décès liés à l’usage du tabac dans le monde : 5,4 millions de morts chaque année et, selon les prévisions, 8 millions de décès annuels d’ici à 2030.

L’implication des fabricants de tabac dans le commerce illicite

Selon des  experts de l’OMS, Il existe de nombreuses preuves de la complicité de certains des principaux fabricants de cigarettes dans le commerce illicite. Ces preuves vont de procès à des documents produits par les entreprises elles-mêmes à la suite d’une vague de poursuites judiciaires et indiquent que ces fabricants  ne se sont pas limités à favoriser et à encourager la contrebande de leurs propres marques mais qu’ils ont également supervisé et dirigé les actions d’intermédiaires sur les itinéraires de contrebande empruntés par certaines de leurs cigarettes.

Des journalistes réalisant un reportage sur la contrebande de cigarettes ont noté que  les responsables de grandes marques de cigarettes comme  BAT, Philip Morris et R.J. Reynolds ont travaillé en étroite collaboration avec des entreprises et des personnes directement liées au crime organisé à Hong Kong, au Canada, en Colombie, en Italie et aux États-Unis.

 

 

 

 

 

Les bénéfices de l’arrêt du tabac

Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer, les bénéfices sont très importants.

Il a été prouvé qu’après la dernière cigarette, l’organisme se comporte de la façon suivante :

Après :

 

20minutes : la pression sanguine et les pulsations du cœur redeviennent normales.

 

8heures : la quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié. L’oxygénation des cellules redevient normale.

 

24heures : le risque d’infarctus diminue déjà. Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée. Le corps ne contient plus de nicotine.

 

48heures : le goût et l’odorat s’améliorent. Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser.

 

72heures : respirer devient plus facile. Les bronches commencent à se relâcher et la personne se sent plus énergique.

 

2semaines à 3mois : la toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement.

 

1 à 9mois : les cils bronchiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé.

 

1 an : le risque d’infarctus du myocarde diminue de moitié. Le risque d’accident vasculaire cérébral rejoint celui d’un non fumeur.

 

5ans : le risque du cancer du poumon diminue presque de moitié

 

10 à 15 ans : l’espérance de vie redevient identique à celle des personnes n’ayant jamais fumé.

Pour la prise en charge des personnes désirant arrêter de fumer,  nous les informons qu’actuellement il existe 98 structures de santé publique qui assurent les consultations de sevrage tabagique dans les 24 gouvernorats.

 

 

 

Samira Rekik-Africaine-santé

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