Légaliser le cannabis : une vraie très mauvaise idée

Oser  rapprocher les effets du cannabis sur l’organisme à ceux du tabac et  préconiser la légalisation de sa vente,  a attiré la foudre d’éminents professeurs de pharmacologie, qui ont fustigé les défenseurs de la légalisation des drogues dites « douces », lors du dernier congrès  de pneumologie de langue française, tenu en France le 31 janvier 2016. « Légaliser le cannabis est  une vraie très mauvaise idée »  ont-ils martelé. En voici les différentes raisons.

Tout commence par le tabac. C’est par les cigarettes que  les jeunes  apprennent à fumer et, dans la logique toxicomaniaque du « toujours plus, toujours plus fort », ils en arrivent aux « joints » ; ajoutant au tabac, de la résine de cannabis, (haschish , shit, « zatla » en Tunisie) ; alternant les cigarettes avec des  » joints ».

Les dégâts des drogues douces

N’en déplaise à la machine médiatique,  et à certaines ONG, si conciliantes avec le cannabis, ce dernier est plus dangereux que le tabac. Nous allons voir comment et pourquoi.

1-Il faut savoir que la présence naturelle de la  résine sur les fleurs et feuilles du cannabis, augmente de 200°C la température de combustion de l’élément végétal ; ce qui accroit sa décomposition thermique et génère ainsi 7 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du seul tabac, et produit aussi cinq fois plus d’oxyde de carbone (CO).

L’association tabac-cannabis n’est pas fortuite,  le toxicomane demande aux effets stimulants de la nicotine de diminuer  les effets sédatifs et  psycholeptiques du tétrahydrocannabinol (THC) du cannabis. Ce THC ne fait pas passer l’envie de la nicotine, tout comme la nicotine ne fait pas passer l’envie du THC. Alors qu’il est si difficile de s’affranchir d’une seule addiction, qu’elle soit à la nicotine ou au THC, quand les deux addictions sont installées il devient impossible de s’en affranchir. Le cannabis, lui, crée une mollesse, une démotivation de tout, qui enlève jusqu’au désir même de s’affranchir de cette addiction.

2-Une dangerosité cardiovasculaire plus importante que celle liée au tabac

On dispose de moyens, certes peu efficaces, pour aider au sevrage tabagique, alors qu’on est totalement démuni face à la dépendance cannabique.  Les effets du cannabis, encore plus que ceux de la nicotine, touchent l’appareil respiratoire, et  les conséquences cérébrales du cannabis sont nombreuses et majoritairement délétères. Au niveau de la sphère O.R.L. et broncho-respiratoire, tabac et cannabis sont aussi dangereux l’un que l’autre.

Au plan cardio-vasculaire, le cannabis est encore plus dangereux que le tabac. Il est (devant le tabac) la troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il est à l’origine d’artérites des membres inférieurs chez des sujets jeunes (le tabac est moins impatient à déclencher ce trouble) ; il est à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux, chez les sujets jeunes (là aussi le tabac est moins impatient pour frapper).

3- Le cannabis est à l’origine de cancers du testicule du type « germinome non séminome », cancer qui n’est pas imputé au tabac.

4-Les ravages sur le cerveau

C’est au niveau cérébral que la comparaison est encore, et de très loin beaucoup plus défavorable au cannabis. La nicotine stimule l’éveil, l’attention, la focalisation de celle-ci sur ce qui est pertinent, elle favorise la mémorisation. Elle réduit l’endormissement au volant, elle protégerait de la maladie de Parkinson… Le THC, lui, est sédatif  et psycholeptique,  il est enivrant et « ébriant » il fait mauvais ménage avec la conduite automobile, surtout associé à l’alcool. Le cannabis, au long cours, induit anxiété et dépression  avec un risque suicidaire. C’est un très grand perturbateur cognitif,  il altère gravement les capacités d’éducation et d’apprentissage, dont nos jeunes ont tant besoin.  Le THC, inondant le cerveau en pleine maturation des adolescents, peut perturber très gravement celle-ci, au point d’engendrer des troubles psychotiques : schizophrénie avec  une résistance aux traitements symptomatiques qu’on lui oppose.

Le THC est un passage commun vers d’autres toxicomanies encore plus délétères (tous les héroïnomanes sont passés par la case cannabis). Quant à prétendre, que c’est l’interdiction qui crée l’attrait fait de l’interdiction du cannabis la raison de son succès, amène très logiquement à penser que sa légalisation, les incitera à pratiquer cette transgression en s’adressant alors à des drogues encore plus « dures ».

 

Les drogues licites n’ont jamais été délaissées

Le tabac et l’alcool sont des drogues licites, et pourtant le nombre de personnes « accros » au tabac et  d’alcooliques n’a jamais cessé d’augmenter.

Prétendre que la légalisation du cannabis permettrait de contrôler sa vente, en l’interdisant aux mineurs , incite à rappeler que 70% des buralistes ne respectent pas l’interdiction de vente du tabac aux mineurs. Si, dans une démarche protectrice, le prix en était trop élevé, afin d’être dissuasif, ou si les produits proposés étaient trop faiblement dosés, fleuriraient aussitôt les produits de contrebande, vendus sous le manteau. On connait déjà trop bien tout cela, et ne cédons pas à l’invitation de réinventer l’eau tiède.

Le pouvoir d’accrochage du cannabis est très grand. Constatant le recrutement énorme opéré par le tabac et par l’alcool, qui peut exclure que la légalisation du cannabis ne lui fera atteindre les niveaux de consommation de ces deux drogues licites.

En conclusion, les intervenants ont tenu à rappeler que l’urgence est d’éradiquer le tabac en renforçant son interdiction chez les mineurs, il n’est pas de leur faciliter l’accès à une deuxième drogue encore plus nocive que le tabac.

Rappelons de notre côté ce qui a été dit plus haut : tous les héroïnomanes sont passés par la case cannabis.

 

Samira Rekik-Africaine-santé

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