Douleur musculaire, fatigue, mauvais sommeil : souffrez-vous de fibromyalgie ?

La fibromyalgie est une maladie fréquente, de cause inconnue, caractérisée par une douleur constante (parfois sévère); des douleurs musculaires généralisées, des zones situées autour des insertions tendineuses et des tissus mous adjacents; une raideur musculaire; une fatigue; et un mauvais sommeil. Le diagnostic est clinique. Le traitement comprend des exercices, de la chaleur locale des antalgiques et des somnifères.

Dans la fibromyalgie, toute région fibromusculaire peut être impliquée, en particulier l’occiput (bas du crane), le cou, les épaules, thorax, le bas du dos et les cuisses. Il n’y a pas d’anomalie histologique spécifique. La symptomatologie est généralisée, contrairement aux douleurs des tissus mous, souvent liée à l’usage excessif ou aux microtraumatismes.

La fibromyalgie est fréquente; elle est environ 7 fois plus fréquente chez la femme, habituellement jeune ou d’âge moyen, mais peut être observée chez l’homme, l’enfant et l’adolescent. En raison de cette différence entre les sexes, elle passe parfois inaperçue chez l’homme. Elle est parfois observée en cas d’affection rhumatismale systémique.

La cause en est inconnue, mais une désorganisation du stade 4 du sommeil y contribue, de même que le stress émotionnel. Les patients tendent à être perfectionnistes. La fibromyalgie peut être déclenchée par un virus ou une autre infection systémique (p. ex., maladie de Lyme) ou un événement traumatique.

Les signes cliniques

Raideur et douleur commencent souvent progressivement et de façon diffuse et ont un aspect de courbatures. Les symptômes peuvent être exacerbés par le stress émotionnel environnemental, un mauvais sommeil, un traumatisme une exposition à l’humidité ou au froid ou par un médecin qui explique que  » tout est dans la tête. »

Les patients sont  stressés, tendus, anxieux, fatigués, et parfois déprimés. De nombreux patients présentent également les symptômes du syndrome du côlon irritable ou des céphalées de tension ou migraineuses. La douleur peut empirer avec la fatigue, les efforts musculaires ou l’hyperusage. Des zones musculaires spécifiques (points sensibles) peuvent être douloureuses à la palpation.

Diagnostic

La fibromyalgie est suspectée devant les signes suivants :

-Sensibilité généralisée et douleur, en particulier si disproportionnées par rapport aux signes physiques

-Fatigue comme signe prédominant

La douleur est provoquée par la palpation de points douloureux spécifiques.

Des antécédents de douleurs diffuses pendant au moins 3 mois. On considère que la douleur est diffuse lorsque le patient signale une douleur dans les côtés gauche et droit du corps, sous et au-dessus de la taille et dans le squelette axial (rachis cervical, thorax antérieur, colonne dorsale ou bas du dos).

Pronostic

La fibromyalgie tend à être chronique mais peut se remettre spontanément si le stress diminue. Elle peut également réapparaître à intervalles fréquents. Le pronostic fonctionnel est habituellement favorable chez les patients traités avec une attitude d’écoute et de soutien, bien que certains symptômes puissent persister.

Traitement :

Il repose sur les éléments suivants :

-Exercices d’étirement et d’aérobie, chaleur locale et massages

-Prise en charge du stress

-Antidépresseurs tricycliques ou cyclobenzaprine pour améliorer le sommeil

-Antalgiques

 

Des exercices d’étirement, des exercices aérobies, un sommeil suffisant, des applications locales de chaleur et un massage doux peuvent apporter un soulagement. La gestion du stress (p. ex., exercices de respiration profonde, la méditation, le soutien psychologique, le conseil si nécessaire) est importante.

Les exercices pour étirer doucement les muscles touchés doivent être effectués tous les jours; les étirements doivent être tenus pendant environ 30 s et répétés 5 fois. Les exercices aérobies (p. ex., la marche rapide, la natation, le vélo d’appartement) peuvent améliorer les symptômes.

Améliorer le sommeil est un point critique. Les antidépresseurs tricycliques oraux à faible dose au coucher (p. ex., amitriptyline 10 à 50 mg, trazodone 50 à 150 mg, doxépine 10 à 25 mg) ou la cyclobenzaprine 10 à 40 mg, pharmacologiquement similaire, peuvent favoriser le sommeil profond et diminuer les douleurs musculaires. Il faut administrer les posologies les plus faibles possible. Une somnolence, la sécheresse de la bouche et d’autres effets indésirables peuvent rendre certains ou tous ces médicaments intolérables, en particulier chez l’adulte âgé.

Les antalgiques non opiacés (p. ex., tramadol, propoxyphène, paracétamol, AINS) permettent d’apporter un bénéfice chez certains patients, mais ils ne sont généralement pas efficaces. Les opiacés doivent être évités. La prégabaline, utilisée comme un complément à l’exercice, les mesures pour améliorer le sommeil et la gestion du stress, peuvent être utiles pour réduire la douleur.

Rarement, des injections de bupivacaïne à 0,5% ou de lidocaïne à 1% 1 à 5 mL sont utilisées pour traiter les douleurs focales invalidantes, mais ces injections ne doivent pas être proposées comme un traitement de première intention.

Les médicaments utilisés doivent être consignés pour identifier ceux qui peuvent aggraver les troubles du sommeil. L’anxiété ou la dépression, si présentes, peuvent nécessiter un traitement.

 

Africaine-santé

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