Le Tsunami numérique dans le domaine de la santé Adel BEN YOUSSEF

M Adel Ben Youssef explique que la e-santé est à appréhender dans un contexte numérique nettement plus large caractérisé par une révolution numérique globale dont la conséquence est l’émergence du Big data ou mégadonnées, formé à plus de 90% de données de moins de deux ans d’âge, phénomène qui ne cesse de faire boule de neige.  La question qui interpelle depuis 2010, à propos du Big data, est de savoir ce qu’il faudrait en faire et quel sens lui donner, sachant qu’il est constitué, pour une grande partie, de données personnelles, y compris, sur notre santé, volontairement ou involontairement partagées et confiées (à jamais) au net et à ses multiples et anonymes serveurs qui ne connaissent ni nationalité, ni frontières.

Ce contexte numérique global peut être décomposé en plusieurs segments plus ou moins compartimentés ou plus ou moins interactifs, tous d’apparition récente, dont la tendance laisse à penser que  l’évolution que connaitra le secteur au cours des cinq prochaines années égalera celle enregistrée durant le demi siècle écoulé, ce qui ne va pas sans poser la question de la finalité de l’évolution de ces nouvelles techniques et technologies. Tout se passe comme si la maturité technologique fait apparaitre de nouveaux domaines d’application dont le sens tend à émerger après coup.

Après coup également, et pour la beauté de la démonstration, l’on peut retenir les étapes clés (l’on peut retracer la chronologie de l’évolution…) d’évolution de ce contexte numérique global qui sont :

1 / L’apparition en 2003, en Estonie, du logiciel de téléphonie gratuite Skype.

2 / La naissance en 2004 du réseau social Facebook et l’émergence à sa suite des autres réseaux sociaux dont la conséquence principale a été la pérennisation de nos traces sur le net, avec pour résultat l’émergence de l’identité virtuelle.

3 / En 2008 apparait l’internet mobile qui permet la fusion de la téléphonie et de l’internet ; d’où la naissance de l’homme terminal connecté 24/24.

4 / De son côté, le Cloud Computing que l’on date de 2009, permet aujourd’hui, d’accéder, en ligne et en libre service à  des services innombrables en Hardware et Software.

5 / La robotique de tous genres qui se  répand de plus en plus semble pour le moment menacer les postes de travail pénibles. Mais les progrès fulgurants réalisés par l’Intelligence Artificielle (IA)  tendent à indiquer que la robotique sera bientôt en mesure de remplacer l’homme dans des métiers de compétence de plus en plus accrue et pointue, y compris dans le domaine de la santé.

6 / Enfin, autres étapes et autres évolutions, l’impression  3D et les réalités virtuelles et augmentées sont autant de  nouvelles technologies qui toutes réunies, permettent de dessiner les contours du tsunami numérique qui caractérise et marquera certainement notre époque.

QUID DE LA SANTE ?

La santé occupe une position de choix dans ce tsunami numérique dans la mesure où elle représente un enjeu économique de taille. Ainsi, aux USA, les dépenses de santé sont de l’ordre de 3000 milliards de dollars. Selon des études, l’e-santé permettrait de baisser les coûts de fonctionnement et d’administration du système de 300 milliards de dollars (10%). Des pays comme l’Algérie avec la carte CHIFA ou la France avec la carte VITALE arrivent également à réduire le coût de leur système de santé.

Il faut donc retenir en conclusion que les acteurs de la révolution numérique sont aujourd’hui, Google, ATT  etc., d’où une approche en rupture avec le passé,  les algorithmes développés par ces nouveaux acteurs de la santé permettent la prédictivité à partir des données du Big data ce qui permet de connaitre à l’avance les services de santé répondant aux besoins de tel ou tel individu avec tout ce que cela implique comme énormes enjeux économiques.  Sur le Darknet,   les données de santé d’un individu valent 20 fois plus celle de sa carte bleue !

Il apparait ainsi nécessaire, d’une part, de redéfinir le business modèle(le domaine de l’e-santé attend en fait son UBER qui viendra structurer la chaine de l’e-médecine), et d’autre part parer au risque politique représenté par le fait que la classe politique tend à manifester de l’incompréhension vis-à-vis des enjeux de la révolution numérique d’où le risque de prise de décisions erronées.

PARTAGER