Les corticoïdes sont justifiés en cas d’anaphylaxie chez l’enfant !

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L’incidence des anaphylaxies est en augmentation. La majorité de ces réactions allergiques sévères se résolvent sous l’effet du traitement initial mais 20 % des patients présentent des symptômes prolongés ou une réaction bi-phasique (SPRB). Les corticoïdes sont souvent utilisés lors de ces crises comme traitement préventif des SPRB et en seconde ligne après l’adrénaline suivant les recommandations internationales sans que de véritables essais cliniques aient démontré leur efficacité.

 

Le département des urgences pédiatriques de Boston a conduit une enquête rétrospective portant sur 35 hôpitaux, à partir des données du réseau Pediatric Health Information System collectées sur la période 2009-2013. Elle a concerné les sujets de 1 mois à 18 ans avec un diagnostic d’anaphylaxie, traités aux urgences par adrénaline, hospitalisés ou non, ayant reçu ou pas des corticoïdes IV ou per os. L’objectif était de déterminer le lien entre corticothérapie et durée de l’hospitalisation (plus ou moins de 48h). Une analyse de régression logistique à variables multiples a permis de tenir compte des facteurs de confusion. Le recoupement des diagnostics a montré la relation entre hospitalisation prolongée et existence de SPRB.

 

Au total, les données étaient exploitables pour 10 255 patients : 5 203 (50,7 %) ont été hospitalisés et 5 052 (49,3 %) sont sortis directement des urgences. Parmi les patients hospitalisés, 424 (8,2 %) ont eu une hospitalisation prolongée (plus de 48H). Après ajustement en fonction des facteurs de variation cliniquement importants (âge, maladie chronique complexe, asthme, prise de bronchodilatateurs, admission en soins intensifs), l’administration de corticoïdes est apparue inversement associée à une hospitalisation prolongée (Odds ratio ajusté [aOR] 0,61 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 0,41-0,93) et à l’utilisation ultérieure d’adrénaline (aOR 0,63 ; IC 0,43-0,84). Parmi les patients non admis, 249 (4,9 %) ont été revus aux urgences dans les 3 jours : l’administration de corticoïdes ne modifiait pas le risque de cette seconde visite qui était associée à l’utilisation de bronchodilatateurs et d’oxygène. Parmi les 35 hôpitaux, le taux médian d’utilisation de corticoïdes était de 77,5 % (différence interquartile 60 %-85,5 %) : l’analyse par hôpital ne montrait pas de lien significatif entre corticoïdes et durée d’hospitalisation.

 

Cette étude confirme le bienfait des corticoïdes pour diminuer le risque de prolongation de l’hospitalisation ou d’évolution biphasique.

JIM.fr 10/2015

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