Prostate: Quand doser les PSA?

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L’intérêt du dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA divise encore le corps médical. Car si certains travaux ont montré qu’il réduisait la mortalité par cancer de la prostate, le prix à payer pour cela est important. Pour être bénéfique, un tel dépistage nécessite en effet une participation massive (1 055 hommes dépistés pour éviter 1 décès) et comporte un risque non négligeable de surdiagnostic. Il apparaît désormais qu’une stratégie pourrait être de cibler les hommes à risque, dans le but d’améliorer son rapport bénéfice/risque.

Une étude publiée par le British Medical Journal livre des résultats intéressants qui pourraient guider le dépistage, à partir d’une stratification du risque selon le taux de PSA à 60 ans. Les auteurs ont comparé les données de 2 groupes de sujets, les uns (n = 1 756) ayant bénéficié de dosages de PSA tous les 2 ans de 60 à 70 ans, les autres ayant réalisé seulement un dosage à 60 ans, mais ensuite non suivis (n = 1 162). Le suivi moyen des patients est de 15 ans.

Il apparaît clairement que le bénéfice du dépistage varie selon le taux de PSA à 60 ans. Pour les hommes dont le taux de PSA est ≥ 2 ng/ml (26 % des sujets testés), le dépistage se traduit par un avantage en terme de réduction de la mortalité par cancer de la prostate, avec un nombre relativement faible de patients à dépister (n = 23) et de cancers à diagnostiquer (n = 6) pour éviter 1 décès par cancer prostatique en 15 ans. En revanche, pour ceux dont le taux de PSA à 60 ans est < 2 ng/ml, il n’est pas constaté de réduction de la mortalité par cancer prostatique dans les 15 ans dans le groupe dépisté, malgré une augmentation de l’incidence des cancers diagnostiqués, équivalents à 767 cas de cancers supplémentaires pour 10 000 personnes.

Ces résultats inspirent aux auteurs une stratégie qui serait basée sur le taux de PSA à 60 ans et améliorerait la balance bénéfice/risque du dépistage. Les hommes dont le taux de PSA à 60 ans est < 1 ng/ml constituent un groupe à bas risque de métastases et de décès par cancer prostatique à 15 ans, pour lesquels il ne paraît pas utile de répéter les dosages. Ceux dont le taux de PSA à 60 ans est ≥ 2 ng/ml, ce qui représenterait environ un quart des patients, ont le plus de chance de tirer bénéfice d’un dépistage systématique. Enfin, ceux dont le taux de PSA est compris entre 1 et 2 ng/ml se situent dans ce que les auteurs nomment une « zone grise », pour lesquels le dosage pourrait être répété ou non en fonction des facteurs de risque.

Cette stratégie pourrait apporter un peu d’apaisement sur un sujet à l’origine de fortes controverses ces dernières années.

http://www.univadis.fr/

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